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philosophie
Après plus d’un siècle d’innovation et de développement industriel, l’aéronautique est désormais un vecteur essentiel des échanges humains et matériels à travers le monde. Elle est frontalement confrontée aux défis de l’énergie, de l’environnement et de la croissance des besoins.
Aux premiers temps de l’aéronautique, « plus légers que l’air » et « plus lourds que l’air » ont cohabité et rivalisé jusqu’à ce que les premiers l’emportent sur les seconds au début du siècle passé, conduisant à la disparition du secteur industriel des dirigeables. Si certains pays avec un passé et une culture du dirigeable comme les Etats-Unis, la Russie, le Royaume-Uni et l’Allemagne ont maintenu ou rétabli récemment une activité et un savoir-faire dans la conception de dirigeables, d’autres pays néophytes en la matière ont décidé de lancer de grands programmes de recherche et développement, tels que la Chine, le Brésil et la Suisse.
Une raison majeure de ce nouvel engouement de portée mondiale pour les dirigeables réside dans le fait que ce mode de transport, bénéficiant des avancées technologiques les plus récentes, va permettre de répondre à des besoins spécifiques dans des conditions acceptables pour un développement durable. On peut notamment citer les besoins en transport de charges lourdes, en surveillance de sites et d’installations ou en intervention sur des lieux de catastrophe. Il s’agit bien sûr d’une approche en complémentarité avec les « plus lourds que l’air », et non pas d'un moyen de substitution.
La France, « terre d’enfance » des dirigeables, en a conservé la culture à travers un réseau de passionnés, mais a perdu pratiquement tout son savoir-faire industriel. Or, la France dispose de nombreux atouts pour revenir à court terme dans la course et créer à moyen terme une nouvelle activité industrielle.
Au cœur des sciences et de l’innovation
Contrairement à certaines idées reçues selon lesquelles il n’y aurait plus d’innovation possible dans le domaine des dirigeables - et encore moins de problématiques de recherche en amont -, le renouveau des dirigeables sera possible à la condition d'en revisiter tous les aspects de manière scientifique.
Tous les domaines scientifiques relevant de l’ingénierie sont concernés : informatique, traitement du signal, télécommunications, automatique, robotique, électronique, intégration de puissance, gestion de l’énergie, photonique, micro et nanotechnologies, matériaux de structure et d’enveloppe, acoustique, gaz et plasmas, aérodynamique, fluidique, génie des procédés.
Mais bien d’autres domaines scientifiques entrent également en compte pour renouveler les dirigeables : l’histoire des sciences et techniques, la sociologie, la science de la communication, la géographie, l’économie, la climatologie, etc.
Comme un dirigeable est avant tout un système complexe destiné à s’intégrer au sein de flottes dans des systèmes de transport multimodaux, la problématique de recherche sur les systèmes sera incontournable.
L’innovation sera la clé de la réussite pour la filière « dirigeable » : nouvelles géométries d’enveloppe; nouveaux modes de propulsion, de stockage et de gestion de l’énergie embarquée; nouvelles lois de commande et de pilotage.
Il s’agira le plus souvent d’une approche de rupture technologique, mais aussi d’une approche transversale dans laquelle des technologies développées pour d’autres secteurs pourraient être mises à contribution.
Cette innovation, qui sera principalement issue des futurs centres d’intégration, conduira à la constitution d’un portefeuille de propriété industrielle qui pourra être géré sous la forme d’un patent pool accessible aux différents acteurs de la future filière industrielle.
